Vendredi 26 juin 2009

Sauvons les meubles

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La semaine dernière, les documentaristes ont lancé un SOS.  La diminution constante du budget de Radio-Canada combinée à la disparition du Fonds canadien du film et de la vidéo indépendants mettent en danger la survie d’une industrie culturelle pertinente et socialement distincte.

Les critères, qui guideront le remplacement du Fonds canadien de la télévision par le nouveau Fonds des médias, sèment l’inquiétude parmi les artisans du documentaire.  Jusqu’à maintenant, bon an, mal an, 20 % du fonds canadien était consacré au financement de la production documentaire.

Les intentions du gouvernement laissent présager que le nouveau fonds favorisera d’abord les grands succès populaires.

Dans cette refonte des fonds qui servent à financer les productions des petits écrans, télé, mobile comme ordinateur, le diffuseur public risque aussi beaucoup.    Les pressions des télédiffuseurs privés ont eu raison de la part de 37 % du Fonds canadien de la télévision autrefois réservée à Radio-Canada.

De par son mandat, le diffuseur public a toujours soutenu la production documentaire francophone, notamment à RDI.  La nouvelle donne gouvernementale pourrait perturber un équilibre fragile et hypothéquer encore plus la qualité de la programmation de la SRC.

Une place importante au privé

Le réaménagement du Fonds canadien de la télévision est la réponse gouvernementale aux menaces proférées en 2008 par Shaw et Quebecor qui souhaitaient se retirer d’un fonds dont ils jugeaient les performances non viables et peu reluisantes.  C’est donc entouré de Pierre Karl Péladeau de Quebecor/Vidéotron, de Ken Stein de Shaw Communications, de Mark Bishop et Matt Hornburg de Marblemedia, de Ivan Fecan de CTV, de Chris Frank du groupe Services vidéo de Bell, de Phil Lind de Rogers Communications et de Tim Casgrain de Radio-Canada/CBC que le ministre du Patrimoine James Moore a annoncé la réorganisation de ce fonds de 135 millions en mars dernier.

Les administrateurs du nouveau fonds sont Cheryl Barker et Eileen Sarkar, nommées par Patrimoine Canada ainsi que Louis L. Roquet, Guy Fournier, Allison Clayton et Ronald W. Osborne qui ont été choisis par la Coalition canadienne pour l’expression culturelle (CCEC) un regroupement d’entreprises de distribution par câble ou satellite composé de Vidéotron, Bell, Cogeco, Rogers et Shaw. Le septième administrateur n’a pas encore été annoncé.

En réaction à ces nomination, un regroupement formé de l’Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ), de l’Union des artistes, de l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec, de l’Alliance québécoise des techniciens de l’image et du son et de la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec a dénoncé le manque d’expérience d’expérience professionnelle en création ou en production des administrateurs.   « Certains membres n’ont même aucune expérience de l’industrie complexe de la télévision dont ils s’apprêtent à définir les règles du principal outil de financement », souligne le regroupement.

Pour en savoir plus:

Sauvons le documentaire

Association des producteurs de films et de télévision du Québec

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